Vivre…
Pensée toute particulière en cette nuit du 10-11 août pour la femme de ma vie… celle qui me l’a donnée, qui s’en est allée vers d’autres cieux.
Vivre. Avec nos fantômes, avec les vivants qui nous entourent…
“Née avant toi… douleur ! Tu le verrais peut-être,
Si je vivais trop tard. Ne le fais point paraître,
Ne dis pas que l’amour sait compter, trompe-moi :
Je m’en ressouviendrai pour mourir avant toi !”
— Avant toi, Marceline DESBORDES-VALMORE (via mariebizarre)
“Je tiens que la mort ne doit pas nous intéresser, ni la dépression. Si la philosophie sert à quelque chose, c’est bien à éloigner de nous le calice des passions tristes, à nous enseigner que la pitié n’est pas un affect loyal, ni la plainte une raison d’avoir raison, ni la victime ce à partir de quoi nous devons penser.”
— Alain Badiou, Petit panthéon portatif, 2008
“Mourir les yeux dans la mer, un jour qu’elle serait bleue.”
— Michèle Desbordes, L’emprise
“Et contre la mort elle-même n’est-il que de créer ?”
— Saint John Perse, Amers, 1957
“Qu’est-ce que j’entends préserver à tout prix, de la décomposition que nous signifie déjà, bien avant la mort, la fuite du temps ?”
— J.-B. Pontalis, Traversée des ombres, 2003
“Les deux manières fortes de s’imaginer repousser la mort : sexe et argent.”
— Louis Calaferte, Carnets X - Bilan, 1987-1988
“Ce que le monde du travail [de la raison] exclut par des interdits est la violence ; dans le domaine [de l’érotisme] il s’agit en même temps de la reproduction sexuelle et de la mort.”
— Georges Bataille, L’érotisme, 1957
“Ecrire, c’est s’empoigner avec la mort - et lui tordre le cou.”
— Louis Calaferte, Carnets XI - Circonstances, 1989
“Chercher à plaire est acte suicidaire.”
— Louis Calaferte, Carnets X - Bilan, 1987-1988
“Magnus a tout perdu pour s’être trop fougueusement, trop présomptueusement improvisé détective et vengeur. Il s’est précipité avec l’impatience d’un bélier enragé fonçant sur un obstacle plus dur que son front. L’obstacle a fini par céder, se pulvériser, mais il a tout détruit dans son écroulement. Magnus n’est plus que le témoin de son propre méfait, de son acte aberrant ; témoin à charge, impitoyable avec lui-même”
— Sylve Germain, Magnus, 2005
“… L’unité du domaine érotique ouvert à nous par un refus de la volonté de repli sur soi. L’érotisme ouvre à la mort. La mort ouvre à la négation de la durée individuelle. Pourrions-nous, sans violence intérieure, assumer une négation qui nous amène à la limite de tout possible ?”
— Georges Bataille, L’érotisme, 1957
Pensée toute particulière en cette nuit du 10-11 août pour la femme de ma vie… celle qui me l’a donnée, qui s’en est allée vers d’autres cieux.
Vivre. Avec nos fantômes, avec les vivants qui nous entourent…
“Face à l’énergie nucléaire, la lampe d’argile du poète suffira-t-elle à son propos ? - oui, si d’argile se souviens l’homme.”
— Saint-John Perse, Poésie, 1961
“Est-ce toi, Nomade, qui nous passeras ce soir aux rives du réel ?”
— Saint John Perse, Amers, 1957
“Essaye d’ajuster ton souffle à celui du vent du large, entends comme il file, en toute liberté, dans un mélange de force et de douceur. Il n’a souci de rien, il passe, tissant sans fin son chant […] Un chant ample et enjoué, un rire presque. Un rire sans raison ni limite, comme celui qui souvent s’empare des gens follement amoureux et qui ne trouvent aucun mot à la hauteur de leur passion, ou bien de ceux qui ont frôlé la mort et se découvrent saufs, goûtant alors la vie à l’état brut.”
— Sylvie Germain, Tobie des marais, 1998
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