C’est beau Bashung, la nuit, l’ivresse de l’alcool, la cigarette… mais c’est noir, c’est la mort. Et what about la la vie ? Pourquoi, tout à coup ne pas y croire ? La vie aussi est une folie qui vaut la peine d’être rencontrée…
Te montrer le lever du soleil au sommet du Grand Veymont, tout en haut du Vercors, d’où l’on voit les Alpes, le mont Blanc tout au nord, le Ventoux à hauteur d’Orange. T’offrir ça dans le grand frais du matin, les yeux rivés dans l’astre de lumière, les bouquetins venant presque brouter à nos pieds. C’est ça aussi la vie. Peut-être moins sujet à poésie, à roman, mais terriblement bon, crois-moi !
le 30/12/2009 à 0h00
“Le désir n’est ni un projet, ni un plan ; c’est un frisson fondamental, une lame de fond animant le corps dans son ensemble et se propageant dans la création d’un monde, d’une histoire d’amour, par mille grondements des grandes orgues du plaisir d’exister. La foi s’instrumente donc essentiellement dans et par le corps.”
— Yves Prigent, L’expérience dépressive
le 10/08/2009 à 9h52
“Privilégiés sont ceux d’entre nous à qui est offerte la beauté, afin qu’ils puissent en imprégner leur âme.
Vivre au rythme de l’absorption du beau.”
— Louis Calaferte, Carnets XI - Circonstances, 1989
le 20/07/2009 à 13h54
“Quand le soleil a disparu, il faut le rechercher…”
— Anonyme, quais de Saône, septembre 2008 (un moment où les nuages étaient très épais)
le 19/07/2009 à 10h31
le 18/07/2009 à 8h48
“Ce à quoi l’homme aspire, c’est à l’aventure ; sans voir que la seule à laquelle il ait réellement accès est celle de sa vie.
Il n’y a d’aventures qu’imaginaires.”
— Louis Calaferte, Carnets X - Bilan, 1987-1988
le 17/07/2009 à 17h06
“Essaye d’ajuster ton souffle à celui du vent du large, entends comme il file, en toute liberté, dans un mélange de force et de douceur. Il n’a souci de rien, il passe, tissant sans fin son chant […] Un chant ample et enjoué, un rire presque. Un rire sans raison ni limite, comme celui qui souvent s’empare des gens follement amoureux et qui ne trouvent aucun mot à la hauteur de leur passion, ou bien de ceux qui ont frôlé la mort et se découvrent saufs, goûtant alors la vie à l’état brut.”
— Sylvie Germain, Tobie des marais, 1998
le 12/07/2009 à 23h44
“Enfin, la volonté d’éternité, ancrée dans le ventre des amateurs de famille, trahit profondément une angoisse existentielle radicale, une incapacité à admettre sa propre finitude doublée d’un désir de conjurer dans les fantasmes des générations, de la descendance, de la transmission, de l’immortalité obtenue et vécue par procuration. Laisser une trace : pitoyable raison, ridicule justification piètre argument.”
— Michel Onfray, Théorie du corps amoureux, 2000
le 12/07/2009 à 21h28
Voilà, j’y vais. Je ne sais pas encore bien où, mais j’y vais. Vous raconter un peu de moi, de ce que je suis, de là où je vais.
Pour le moment, je me trouve juste au-dessus de Chamaloc, pas très loin de Die, assis sur un petit promontoire rocheux où les pousses de thym et de lavande sauvage marquent le début de la Provence. Il y a les vautours qui virevoltent là bas, profitant des courants d’air chaud. Moins poétique, un avion passe, sans laisser d’autre trace que le bruit de ses réacteurs. Il me ramène à une certaine réalité.
Je suis là, donc, à admirer ce paysage, ce Glandasse énorme, inaccessible en face de moi, et toutes ces collines autour, verdoyantes, escarpées, où la roche n’est jamais loin. Je suis en pleine reconnaissance d’un circuit à faire en VTT. Mais je suis à pied. En cherchant à reconnaître ce circuit, je me cherche moi, à me connaître, à me retrouver ou à naître, je ne sais pas trop. Ce que je sais en revanche, c’est que depuis une dizaine d’années maintenant, la course à pied, le vélo ou les sports d’endurance en général, occupent une place singulière dans ma vie, pas toujours très paisible (la vie ou la place ?).
Je n’ai jamais complètement compris pourquoi, mais sport et psychanalyse sont chez moi intimement liés. Peut-être par cette notion d’endurance, de long cours, d’un truc pas toujours facile ni même agréable sur le moment et pourtant qu’on a malgré tout décidé de faire, tout seul, sans que personne ne nous y ai forcé.
J’ai longtemps cherché ce qui me poussait à courir comme ça, sans trouver vraiment de réponse. Mais ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas vraiment de pour quelque chose, mais plutôt un pourquoi, qui est que je ne crois pas avoir le choix. [me fait penser à ce mot de Calaferte que j’ai posté ICI]
J’entendais Michel Steiner cette semaine parler du couple et dire à peu près ceci qu’il n’y a pas de raison valable pour être ensemble et que, quand on cherche à comprendre ce qui nous pousse à être ensemble, il est généralement trop tard : il n’y a plus ce je-ne-sais-quoi qui fait qu’on n’a pas le choix. “Parce que c’était lui, parce que c’était moi” (Montaigne, à propos de son amitié avec La Boétie). C’est tout.
J’aime justement dans la psychanalyse cette part de mystère qui est acceptée malgré le caractère très scientifique de cette “discipline”.
(30 mai 2009)
le 12/07/2009 à 21h07
“C’est peut-être ce qu’on cherche, à travers la vie, rien que ça, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir.”
— L.-F. Céline (cité par Emmanuel Carrère)
le 12/07/2009 à 21h05
“Savoir qui on est - Etienne dirait : où on est - cela s’appelle être guéri de de la névrose.”
— Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne, 2009
le 12/07/2009 à 16h31
“J’ai connu un garçon qui ne voulait pas aller dans les pays humides car c’est mauvais pour les poumons, une fille qui ne souriait jamais pour éviter les rides, une amie qui refusait de partir dans le désert, de crainte de ne pas se laver, des personnes qui renonçaient à des nuits d’étoiles de peut d’avoir froid. La beauté a un prix.”
— Blanche de Richemond, Eloge du désir.
le 11/07/2009 à 15h24
“Mais ne vous y trompez pas, s’il est réel, vous le verrez bien, il n’a pas liquidé […] cette étrange folie de vouloir aimer et être aimé, cette illogique terreur devant la mort, cette revendication tragiquement souveraine au plaisir, cette révolution permanente devant la souffrance.”
— Yves Prigent, L’expérience dépressive
le 11/07/2009 à 15h22
“Les moyens, les astuces, les timidités ingénieuses que nous inventons pour ne pas vivre avec notre désir, c’est-à-dire pour ne pas vivre vraiment sont les névroses.”
— Yves Prigent, L’expérience dépressive
le 11/07/2009 à 15h20
“Devenir un home de désir, un être de plaisir donc de peine, un sujet revendiquant souverainement plus que la satisfaction de ses besoins, la pratique de son désir dans l’éblouissement violent du plaisir”
— Yves Prigent, L’expérience dépressive
le 11/07/2009 à 14h51
“Nous mourrons de vivre.
Nos refus nous identifient.”
— Louis Calaferte, Choses dites
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